Bien que les villes et les établissements publics et/ou privés aménagent les accès aux personnes en situation de handicap, un important travail reste encore à réaliser.
Dans l'agglomération de Rouen, une ville a accepté de tester, devant la presse, les accès aux services publics aux personnes à mobilité réduite (PMR). Pour l'élu organisateur de la journée: "On ne se rend pas toujours compte, nous autres valides, des difficultés que rencontres ces personnes et lorsque que nous acceptons de changer la donne et de jouer le jeu, on s'aperçoit que la rue est faite d'obstacles à surmonter".
Philippe Stéphanazzi, président de HMVA (handicap mieux vivre accueil) et Jean-Michel Julien président d'Access-Handi, s'accordent pour relever que: "Ici, comme dans quelques autres communes de la région, la ville adapte ses services à notre accueil, mais l'un des principaux obstacles à surmonter, et le civisme de chacun. La France à 20 ans de retard sur ses voisins anglo-saxons et la loi ne nous convient pas". Le civisme est le mal du siècle, l'individualisme primant sur les sentiments à l'égard des autres. Traverser la rue, où obtenir une place dans un transport en commun, c'est du handisport. Les deux présidents ont fait la démonstration de l'important travail qu'il reste à accomplir dans les établissements et services accueillant du public.

Quelques difficultés:
Téléphones publics, les emplacements sont mal adaptés; étroits, informations illisibles, car placées trop haut, les combinés téléphoniques ne disposent pas toujours d'un réglage du volume sonore pour les mal-entendants. Bien que les cabines téléphoniques soient ouvertes, les personnes à mobilité réduite sont particulièrement vulnérable lors de l'utilisation de ce type de service, même s'il est adapté. Il en est de même pour les distributeurs de billets de banque.


Difficultés pour entrer ou sortir de certains lieux, seuil trop haut, portes difficiles à manœuvrer. La difficulté commence par l'emplacement du bouton de commande d'ouverture de la porte situé trop haut pour les fauteuils.


L'emplacement de la boite à lettre est très souvent situé trop haut pour un fauteuil, et dans la plupart des cas la difficulté est augmentée par l'emplacement d'une poubelle située au-dessous.

La pente maximale d'une rampe d'accès à un service ne doit pas, normalement, dépasser 5%. Des établissements tente de s'adapter, mais faute de place suffisante ou de recul, la rampe d'accès peut voir son inclinaison atteindre 16%!

La position des panneaux d'informations est trop basse le plus souvent, un non-voyant peut se heurter et se blesser. Dans la situation rencontrée, la difficulté était complétée par des poteaux interdisant le stationnement, le trottoir et une grille de caniveau.

Dans les caniveaux, la largeur (3 cm) des ouvertures des grilles est supérieure à la largeur des roues avant des fauteuils et au diamètre des embouts de cannes pour non-voyants, d'où un risque de chutes.


Discrimination.
La population nationale des personnes à mobilité réduite est estimée à 6,5 millions. N'étant pas marginales, ces personnes ont le droit au travail. D'après la loi 87-157 du 10 juillet 1987, les établissements de plus de 20 salariés doivent embaucher des travailleurs handicapés dans la proportion de 6% du nombre de salariés en équivalent temps complet. Pour s'acquitter de cette obligation, les entreprises peuvent également verser une contribution proportionnelle.
Une solution qu'elles préfèrent le plus souvent.